A lire, cet entretien avec Jean-Pierre Corbeau, professeur de sociologie à l’Université François Rabelais de Tours, intitulé “L’éducation alimentaire est une forme d’humanisme ! ”
Il y parle de culture alimentaire, de la distance grandissante entre le consommateur et le lieu de production de l’aliment, la succession des crises sanitaires, la méfiance à l’égard du modèle agro-industriel…
… des préoccupations de santé publique, du changement du regard que nous portons sur notre corps, du duo santé - plaisir, de gastronomie française, …Â
Bien entendu, Jean-Pierre Corbeau mentionne les discours nutritionnels surabondants, la multiplicité des messages de ce qu’il faut ou non manger, de l’inefficatité des messages sanitaires sur les publicités … Â
Il dit entre autres : ” les politiques publiques mises en Å“uvre dans nos sociétés en matière de nutrition et l’alimentation, comme le PNNS, sont nouvelles pour nos cultures. Issues des pays nord-américains, ils déconstruisent l’aliment.”
et aussi … “Une politique publique doit remplacer les recommandations nutritionnelles par une information alimentaire [...] Le discours nutritionnel actuel fragmente l’acte de manger en autant d’injonctions, souvent très contradictoires entre elles. En plus, ces messages qui coûtent cher et n’ont guère d’impact pour lutter contre l’obésité et autres tendances qu’ils veulent contrecarrer. Car en faisant cela, on a oublié qu’on mange des aliments selon des habitudes propres à chaque culture. Ce sont elles qui assurent la cohérence, ce qui fait qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais modèle. A l’opposé, une information alimentaire digne de ce nom appréhende l’alimentation dans toutes ses dimensions, elle lui donne de la chair, de la cohérence et de l’unité. Il faut revaloriser le plaisir, apprendre aux gens à goûter, à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. Cette éducation alimentaire est une forme d’humanisme car elle s’inscrit dans une conception plus globale de l’homme. ”
Interview disponible sur Agrobiosciences.org, en cliquant ici !
Quel leçon Monsieur Corbeau! Je partage 100% cette analyse